d’Orlando De Rudder

Dans le bistrot d’Émile, il y a André, qui s’électrise, Alfredo, l’antique rémouleur, un Chinois bien entendu mystérieux et puis Christian, qui s’en alla-t-en guerre. Il y a Déborah la branleuse et la jolie Rita-Radio. Et puis surtout, il y a Deirdre. Deirdre au prénom de fille, Deirdre aux yeux de loup, dont le violon tourmenté mène le bal des pesteux souvenirs…
Orlando De Rudder (1950-2015) aura connu mille vies, dont le fil rouge fut toujours l’écriture. De son propre aveu, Tout crus, les coqs, paru en 1987, en fut un des plus grands bonheurs.
Extrait
Appelons ça comme on veut : bêtise ou mélancolie. En tout cas, aujourd’hui n’a plus qu’un goût de cendres. Il y a aussi ces pluies, voire ces musiques, qui ne m’intéressent pas.
Les filles ont laissé leurs poupées. On les appelle : « Madame »… Bien sûr, les mamans sont mortes.
On ne se rend plus compte de ces choses-là. Ou alors on les a oubliées. La mémoire a de sales recoins qu’on n’ose plus nettoyer : on s’y souillerait les cheveux, le visage. On s’y couvrirait de toiles d’araignées poussiéreuses, d’odeur passée, de neurasthénie… Moi, je sais : je connais ces jours. Dire que je ne rêve plus !
Rêver, ça ne coûte pas cher : c’est simple. Je n’aime pas ce qui est simple et je préfère payer. Ainsi puis-je espérer en avoir pour mon argent. Je déteste qu’on me floue : côté désespérance, je compte la monnaie rendue avec des ardeurs d’Harpagon. On n’a rien sans rien : les choses ont leur prix.
À cette époque, je n’étais ni très jeune ni très gai. Je n’ai pas trop changé : il faut rester fidèle. J’avais des amis, je regardais le monde, tandis qu’il ne me regardait pas.
- 311 pages ; 20 euros
- ISBN 978-2-9570289-7-9
- Parution 17 juillet 2023
Disponible en librairie ou à la commande par mail : ovbedition@gmail.com ou à cette adresse : On verra bien, 6 rue de la Nation, 87000 LIMOGES France
Presse & Médias :
Sur France 3 Limousin le coup de cœur de la librairie Les oiseaux livres à Saint Yrieix :
Le nouveau titre des éditions haut-viennoises On Verra Bien !
Auteur de la seconde moitié du XXe siècle, dont on ressent dès les premières pages la proximité d’un Maurice Pons ou même d’un Boris Vian, De Rudder dresse le portrait déchirant des clients d’un café à qui la vie n’a rien épargné. De rêves en désillusions, d’amours en disparitions, c’est la dure réalité des gens modeste qui n’obtiennent aucune main tendue que celle, sincère et parfois douloureuse, de leurs semblables. Des personnages voués à l’absolu sinon rien portés par une plume comme on n’en fait plus beaucoup…
Florent
